Les DYS, rééduquer ? contourner ? Se poser les bonnes questions au bon moment ,Conférence du 26 Mars , DFD 01

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Nous avons eu le plaisir d’assister à une conférence préparée par DFD 01 à Bourg , le jeudi 26 mars dernier.

Docteur S.Gonzales à gauche, Mr et Mme Brohard à droite :

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  1. Elise Brohard, la présidente de l’association DFD 01 a présenté la FFDYS et DFD.
  2. Puis c’est Manon, une ado dyspraxique qui a parlé de sa dyspraxie « rééduquée » : un témoignage très touchant et aussi plein d’espoir !

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3.  Nous avons eu la surprise de voir (en avant première) un petit film Dyspraxie, le parcours du combattant (téléchargé sur le site de DFD) :« Ce film que l’association DFD a fait réaliser présente la dyspraxie au travers du regard de spécialistes et de personnes porteuses de ce trouble. Le fil rouge en est le parrain de Dyspraxie France Dys, le chanteur Renan Luce. »

4.  Le Docteur Sybille Gonzales nous a livré quelques réflexions autour de la rééducation. Difficile pour moi de faire un compte-rendu mais j’ai noté quelques points  : se poser les bonnes questions au bon moment ???????

  • rééduquer / remédier / restaurer ?
  • les troubles de la cognition : lorsque la prise en charge est nécessaire pour plusieurs fonctions : quel( s) choix ? quelle priorité ?
  • quand et comment (s’) arrêter en rééducation ?
  • comment évaluer l’efficacité des traitements : à quel niveau ? répercussion dans la vie personnelle et sociale….
  • Pour traiter, il faut une meilleure compréhension des pathologies, de la physiopathologie des dys

5.  Enfin, ce fut le tour du Docteur Alain Pouhet, qu’on ne présente plus ( médecin en SESSAD et formateur , son site est à regarder « sans modération » – une mine de renseignements et d’aides – ) et il est  passionnant à écouter.Là aussi, je suis tellement à l’écoute que je ne peux faire un compte-rendu .Et même après avoir visité son site maintes fois, c’est un plaisir de l’écouter « en vrai » !

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Pour Mr Pouhet, il y a une note d’espoir dans la situation des écoles actuellement mais  un travail de formation est encore à faire : des enseignants aux maîtres référents, IEN ASH , AVS, en passant par les médecins scolaires pour bien faire comprendre les troubles spécifiques des DYS . Expliquer comment , en dépit des attentions , des aides, ces troubles sévères et persistants mettent l’enfant en situation de « handicap scolaire ».

Quelques problèmes ou questions abordés :

  • mesurer la rentabilité de la prise en charge : L’enfant doit disposer d’emblée d’outils efficaces pour compenser les siens défaillants. Un projet thérapeutique évolutif est nécessaire (bilan initial, bilan diagnostique / rééducation puis bilan d’évolution / compensation ). se poser la bonne question au bon moment : la rentabilité de la prise en charge?

Une remarque d’Alain Pouhet à ce sujet (après sa lecture de l’article) : J’ai oublié de vous parler de la double tâche ( illustration dans la vidéo « C’est pas sorcier » par exemple ): au cours du bilan d’évolution, on peut mesurer la non -rentabilité de la rééducation si la situation de handicap perdure car l’enfant reste en situation de double tâche en permanence quand il doit utiliser des outils qui ne sont toujours pas fiables et non automatisés. La compensation va permettre de lui donner des outils rentables pour compenser les siens.

 

  • renseigner les enseignants : donner les infos utiles, les partager( les points forts, les points faibles) , connaître le profil cognitif de l’enfant , définir quel est « l’outil scolaire » qui ne va pas …..
  • et si on mettait en place une différenciation pédagogique inclusive ? c’est-à-dire finalement une sorte de « facilitateur pour tous » .Voilà ce que j’ai lu en retournant  sur le site d’Alain Pouhet  :« Celui qui a besoin de photocopies des cours , d’oralisation des consignes écrites, de pouvoir lire les consignes oralisées par le professeur, de consignes plus courtes et simplifiées, d’un cadre d’enseignement favorisant l’attention, de supports visuels plus clairs, d’un tiers-temps supplémentaire, d’un temps de réflexion avant de composer… peut bénéficier, qu’il soit un élève dys- OU PAS d’une différenciation pédagogique inclusive., utile à TOUS. » et j’ai glané encore quelques informations sur un document canadien que l’on peut télécharger  à la suite de son article ici ou directement ici sur Alberta Education « Faire une différence, la différenciation pédagogique » . On peut lire en tout début d’ouvrage :  « La différenciation pédagogique offre la possibilité de créer un milieu d’apprentissage qui permet de maximiser cet apprentissage et d’augmenter les chances de réussite pour tous les élèves, peu importe leur niveau d’habileté ou leur base de connaissances »  (traduction libre) McQuarrie, McRae et Stack-Cutler, Differentiated Instruction: Provincial Research review  …… « La différenciation pédagogique permet aux enseignants de rejoindre tous les élèves…. et tous les élèves tirent profit des stratégies de différenciation … »  Et ça c’est une chose à laquelle je crois très profondément et que je continue à comprendre chaque jour !

Voici donc quelques idées que Mr Pouhet  nous a proposées  :

– code couleur pour les différentes matières (pour tous les enseignants, dans les différentes matières)

– faciliter la compréhension orale (donner la consigne écrite aussi)

– faciliter la compréhension écrite ( oraliser les énoncés)

– rédiger les énoncés scientifiques/mathématiques sans complication de phrases

– donner des supports (tables …)

ordinateurs dans les classes à disposition des élèves

cahier/classeur de référence

45 minutes pour un contrôle par exemple pour tous

instaurer un temps de réflexion de 5 minutes avant de démarrer un travail

plus de temps : le bac en 2 ans ….

……

Les mêmes en carte mentale …..( pour ceux qui s’y retrouvent mieux !)

outils pour tous

  • Un  ouvrage très intéressant S’adapter à tous les élèves DYS ( nous en avions déjà parlé ici « Ressources livres n° 5 » car c’est un livre que j’ai beaucoup lu et relu) , un autre petit ouvrage Le cerveau de l’apprenant ( rubrique : « Ressources livres n° 9 » téléchargeable ici) .Enfin un autre à paraître chez Retz « Difficultés scolaires ou troubles DYS, repérer, comprendre, aider «  ( co-écrit avec son épouse Mme Michèle Cerisier-Pouhet) dans peu de temps (on surveille !)

Difficultés scolaires ou troubles dys ? : repérer, comprendre, aider - Michèle Cerisier-Pouhet

Encore merci à Elise Brohard (et sa famille si investie que je salue au passage) et DFD 01 pour cette très belle soirée !

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5 réflexions au sujet de « Les DYS, rééduquer ? contourner ? Se poser les bonnes questions au bon moment ,Conférence du 26 Mars , DFD 01 »

  1. bonsoir

    Merci pour cet article très intéressant!Pour la vidéo, je la regarderai quand je serai un peu plus tranquille!
    Pour les conseils de Mr Pouhet, il y en a quelques uns que certains professeurs, cette année, qui ont accepté de les mettre en place.
    Le premier est l’ordinateur. D’après l’ergo, ce n’était pas gagné et il ne fallait surtout pas l’imposer. Je n’ai pas suivi son conseil. Je l’ai présenté comme étant médical et du coup tous les enseignants l’ont accepté.
    Pour le code couleur, je l’ai mis sur one note. Une couleur par matière et par enseignant
    Pour les supports, français, math, histoire géo m’en donnent soit sur papier soit sur clé usb. Les autres, c’est ponctuel!
    Pour faciliter la compréhension orale, pour le moment, pas grand chose. Si ce n’est lors de leur évaluation orale. Certains profs leur laissent le temps de prendre confiance en eux et si ils ont une mauvaise note, ils peuvent recommencer un peu plus tard. IL en est de même pour l’écrit.

    Pour l’écrit, le prof de français leur oralise, mais surtout vérifie qu’ils aient compris. Dans les autres matières, ce n’est pas le cas.
    Pour le temps, cette année,je n’ai pas trop de problème. ouf! Ils leur laissent tout le temps qu’ils ont besoin. Pour le brevet ils ont droit au tiers temps:chose qu’ils n’ont pas utilisé pour le blanc! grrrrr!!!!!!
    Mais tout ceci est bien durant leur scolarité, car ils peuvent réussir et acquérir ce dont ils ont besoin pour la suite. Mais un seul inconvénient, c’est pour les examens notamment pour le brevet où rare sont ceux qui ont un AVS pour oraliser les consignes, expliquer les énoncés ou les simplifiés….afin qu’ils puissent répondre. Et du coup, les notes ne sont pas à la hauteur de tous leurs efforts durant tout le collège. Je suis confrontée à ceci cette année. Mes garçons ont espoir de réussir leur brevet, mais ne serait ce que pour le blanc, c’est catastrophique, car ils ont eu droit qu’à l’ordinateur et le tiers temps. 😦

    Pour ce qui est de la rédaction des énoncés scientifiques/mathématiques sans complication de phrases, impossible que les profs l’appliquent voir ils vont compliquer ou mettre des pièges notamment pour ce fameux brevet blanc.

    Ce fameux cahier/classeur de référence serait vraiment un plus surtout quand les enfants sont seuls dans la classe (sans frère et soeur ou copain). car lorsque notre enfant n’arrive pas à tout noter même avec l’ordi, cela nous faciliterait la tâcheà nous parent pour récupérer cours,exos, devoirs…

    Quant au bac en 2 ans, l’orthophoniste m’a dit qu’un enfant dys peut le passer en 3 ans (bac de français inclus). Une maman de mon département a réussi à le faire pour son fils. Il faut faire beaucoup de démarche, se battre (comme toujours!), mais c’est possible! Car elle m’a dit de commencer les démarches dès leur entrée au lycée!

    bonne soirée

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    • Merci pour ce message très intéressant ! ça bouge, mais ce n’est pas encore un séisme pourtant ces enfants le méritent avec tous les efforts qu’ils font au quotidien et on se rend compte qu’il y a beaucoup de bon sens dans toutes ces propositions , souvent utiles pour tous et finalement pas si difficiles à mettre en œuvre ! Ce sera réalisable lorsque le milieu enseignant , thérapeutique et la recherche travailleront ensemble et que des médecins comme les Docteurs Pouhet ou Mazeau par exemple seront accueillis et écoutés par l’Education Nationale dans la formation des enseignants, médecins scolaires, AVS , IEN , maîtres référents ….

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  2. Merci pour votre retour sur une conférence regroupant bien des compétences sur les troubles Dys. Vos illustrations ainsi que vos compléments permettent d’aller encore plus loin… Bravo pour tout ce travail et cette mise en partage !

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    • Merci pour votre commentaire . Il me reste à lire le document canadien ( 300 pages!) mais là-bas, ils me semblent bien plus avancés que nous mais si ça marche ( et j’en suis sûre ) il n’y a pas de raison qu’on ne s’en serve pas !

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