Ma vie de « special mother » : challenge « on air », les crises de nos enfants

J’aime les challenges, me lancer des défis…il y a quelque temps je me suis embarquée dans une aventure incroyable que je n’aurais jamais imaginée pouvoir faire avant ! Mais ça c’était avant, avant que je démarre ce blog car depuis, je me laisse transporter, je surfe sur les vagues de la blogosphère et celle-là est plutôt énorme : je fais partie de l’équipe de blogueuses superstars lyonnaises (et deux blogueurs aussi !) qui participent à la première émission radio de la blogosphère parentale !

Cette émission c’est « de parents à parents » sur les ondes de la radio indépendante Lyon 1ère (90.2).
Le principe de l’émission est de réunir chaque semaine 2 blogueurs parentaux et d’échanger sur des sujets en lien avec nos blogs (ou pas) mais surtout qui concernent nos vies de parents. On pourra donc retrouver des conseils, des bons plans, nos expériences mais aussi nos coups de gueule…, bref tout ce que vous aimez retrouver dans nos blogs. Le tout avec le sourire et la bonne humeur !
Et de la bonne humeur il y en a eu sur le plateau lors de l’enregistrement grâce à Karine Boyer-Kempf, animatrice de l’émission et blogueuse sur Les princesses de Marie qui a su nous mettre à l’aise pour cette première fois à la radio !
J’étais à la fois super excitée de réaliser cette expérience et j’avais à la fois très peur de l’échec, de ne plus trouver mes mots une fois devant le micro, peur de ne pas être à la hauteur ! J’étais méga ultra stressée et je n’ai pas beaucoup dormi la veille…
MAIS….
J’ai eu la chance de faire cette émission avec une personne que je connaissais déjà, une personne qui maîtrise absolument le sujet dont nous avons parlé, celle qui m’a montré et appris que l’on pouvait faire autrement avec les enfants, Sandrine Donzel de S Comm C, oui la Sandrine que tout le monde s’arrache, la Sandrine avec qui toute la blogosphère veut faire l’émission, et bien c’est avec moi qu’elle l’a faite !!! Et c’était chouette, j’ai adoré préparer cette émission avec elle et réaliser ce challenge en sa compagnie.
Et vous savez quoi ? et bien vous allez pouvoir nous écouter demain mercredi 7/05 (à 9h30 ) sur le 90.2 ou sur http://www.lyonpremiere.com/ et si vous ne pouvez pas là tout de suite, retrouvez-nous en podcast (vous pourrez aussi voir toutes les émissions déjà réalisées).
Souriez vous êtes filmées ! et oui en plus l’émission est filmée et la vidéo tout de suite en avant-première c’est par ici :
L’émission est très courte malheureusement donc nous n’avons pas pu dire tout ce qu’on avait prévu d’où une grande frustration et l’envie de vous en dire plus…
Voilà ce que j’aurais pu dire si l’émission avait duré 2 heures…
Je suis la maman de deux garçons : Léo 10 ans et Eliott 3 ans. Je suis donc confrontée à différents types de crises,  d’un côté le petit qui veut faire seul, a besoin d’autonomie mais souvent n’y arrive pas (crises pour s’habiller, parce que j’ai ouvert le couvercle du pot de yaourt alors que c’est lui tout seul !) et de l’autre, un enfant plus grand mais un enfant différent puisque Léo est dyspraxique et hypersensible, donc des crises très fréquentes et très intenses.

La dyspraxie est un trouble neurologique, les enfants atteints de dyspraxie ont du mal à réaliser certaines opérations simples comme l’habillage, les repas, le graphisme. Ils sont obligés de penser à ces gestes pour les réaliser. Cela se manifeste par une maladresse systématique, une coordination difficile des mouvements d’où des difficultés importantes d’apprentissage et forcément beaucoup de frustrations. Léo est également hypersensible à son environnement, aux émotions des autres et cela rend difficile la gestion de ses émotions (colères brusques, pleurs faciles qui s’arrêtent d’un coup …). Si l’on rajoute à cela les efforts au quotidien pour contrôler ses gestes, faire de son mieux à l’école, se concentrer, faire face aux situations de dévalorisation et d’échecs…on arrive à la fin de la journée à des cocktails explosifs !!

On comprend dès lors pourquoi nos petits fantastiques sont peut-être plus sujets aux « crises » que les autres enfants.

Mon cheminement vers la bienveillance et ma rencontre avec Sandrine

Pour moi, en tant que maman d’un enfant différent, il était important que je me tourne vers des principes d’éducation bienveillante pour apprendre à gérer ces crises quotidiennes. Ma relation avec mon fils s’était vraiment dégradée depuis des années, surtout avant de savoir qu’il avait ce handicap et vu qu’il est « invisible », nous avons vécu des années d’incompréhension et je ne savais finalement plus comment communiquer avec lui.

Lorsque j’ai eu mon deuxième enfant, je me suis tournée vers une association de maternage où j’ai fait la rencontre de Sandrine qui proposait pour l’association des ateliers pour apprendre à mieux communiquer avec ses enfants, des ateliers « Faber et Mazlish » : ce sont des ateliers d’entraînement à la communication entre enfants et adultes, concrètement il s’agit d’aider les parents à accompagner les enfants au quotidien, dans la bienveillance en n’oubliant pas de poser un cadre nécessaire et sécurisant.

J’ai donc souhaité inviter Sandrine pour cette émission car c’est elle qui m’a ouvert les yeux, qui m’a fait prendre conscience que l’on pouvait faire autrement et ses ateliers ont sauvé ma relation avec mon fils !

Qu’est-ce qu’une crise ?

Il s’agit d’un ensemble de COMPORTEMENTS que produit l’enfant qui vont varier selon l’âge de l’enfant : se rouler par terre, crier, pleurer, taper…on trouve des descriptions assez détaillées dans beaucoup de blogs, notamment pour tout ce qui concerne les enfants de 18 mois à 2 ans. Sur le blog Les Idées de Lauréa, on peut lire « Ma fille est capricieuse et j’assume » ou encore Catherine de Blablabla parce que les filles sont des piplettes avec son article « Ne pas désamorcer une bombe ».

Isabelle Filliozat nous dit que les caprices sont « des comportements de l’enfant que l’adulte ne comprend pas, c’est le jugement, l’interprétation, l’étiquette qu’un parent met sur le comportement de l’enfant qu’il ne comprend pas. » En effet, ces comportements sont dérangeants, énervants, angoissants et nous font douter..on se pose plein de questions : mon enfant est-il normal de se comporter comme ça ?

Est-ce normal de faire des crises ?

Oui c’est normal !

Je pense notamment à l’article écrit par Natacha du blog Natachouette & Co qui s’intitule  « Mon bébé est-il « un méchant » où elle avoue être désemparée devant les crises de son petit garçon et où elle parle des autres enfants qui sont « sages comme des images ». Du coup elle en arrive même à se demander si son enfant sera « méchant » plus tard. J’ai envie de lui dire que c’est plutôt rassurant que son enfant fasse des crises et que c’est beaucoup plus questionnant lorsque les parents disent que leur enfant est parfait, qu’il ne pleure jamais, que tout se passe sans émotion. L’enfant a besoin de s’exprimer et de s’adapter à ce qui se passe à l’intérieur de lui et dans son environnement.

Nous avons posé la question aux internautes « quelles sont les crises les plus fréquentes chez vos enfants ? »

Les réponses obtenues et les articles de blog que nous avons lus à ce sujet vont tous dans le même sens :

  • « c’est quand on lui refuse quelque chose, quoi que soit. C’est explosif et très sonore »
  • « quand il est fatigué, qu’il a faim ou qu’on le récupère après un moment plus ou moins long sans nous »
  • « les crises les plus fréquentes de mes enfants se produisent quand nous rentrons le soir …bien évidemment cela ne se produit pas quand nous avons passé la journée tous ensembles à la maison »

La blogueuse Cranemou en parle très bien dans son article « Terrible two versus terrible toux, le match » : chaque situation de crise qu’elle décrit est générée par un événement qui soit contrarie l’enfant, soit ne lui permet pas d’avoir un peu de contrôle sur la situation.

On voit que, la plupart du temps, les crises semblent déclenchées par :

  • Un besoin non comblé
  • Par une frustration
  • Par un trop plein de stress
  • Une absence de contrôle sur la situation (l’enfant voudrait être autonome mais nous ne le laissons pas faire)

Comment gérer une crise ? ma vision des choses…

Déjà quand la crise se manifeste, on commence par respirer, on respire à fond pour aider à nous calmer et avoir les idées plus claires puis on se met à l’écoute de son enfant, exercice difficile !

Dans les ateliers Faber et Mazlish, j’ai appris à communiquer autrement avec mes enfants mais surtout à pratiquer l’écoute active.

L’écoute active part du principe que la désobéissance des enfants est aussi souvent le symptôme d’autre chose : un malaise, un problème qui les préoccupe. Et que pour voir disparaître durablement le symptôme, il faut traiter la cause, le vrai problème !

Ecouter un enfant c’est écouter vraiment, j’arrête de faire ce que je fais et j’écoute, je regarde cet enfant qui me parle car la communication commence par le regard. Ecouter avec attention, en accueillant vraiment ce qu’il dit, mais aussi ce qu’il ressent et sans chercher immédiatement à donner une solution. On reformule ce qu’on entend, ou ce que l’enfant ressent, et on montre activement qu’on se met à l’écoute de ce qu’il vit. L’idée est d’accompagner l’enfant dans sa réflexion et l’expression de ses sentiments sans lui apporter de réponse. Une fois qu’il se sera exprimé, il en viendra naturellement à chercher des solutions, à ce moment seulement, on peut éventuellement lui proposer notre aide ou un avis sur la question.

Quand tu fais de l’écoute active, au départ ce n’est pas naturel, c’est assez bizarre mais c’est comme une langue étrangère, il faut s’entraîner !

Dans ces ateliers, j’ai également pris conscience que les enfants ne cherchent pas à nous nuire dans leur comportement, ils cherchent juste à exister. Donner le choix aux enfants leur fait sentir qu’ils ont leur mot à dire. Offrir un choix, même s’il ne semble pas important (la tasse rouge ou la tasse bleue) aidera un enfant à sentir qu’il a un certain pouvoir de décision sur sa propre vie.

Voici un exemple tout frais :

La semaine dernière, nous  avons acheté un paquet de bonbons (des carambars plus précisément) à Eliott lors des courses. A peine sorti du magasin : « maman je veux un carambar », puis à l’arrivée à la maison « maman je veux un carambar » puis le soir « je reveux un carambar ». Puis tous les jours de la semaine j’ai eu droit du lever au coucher à « je veux un carambar ». Bien sûr à chaque « NON, c’est pas l’heure, on va manger, NON, tu en as déjà mangé un, NON… » une grosse crise, se roule par terre, tape des pieds et hurle « jeeee veeeeeux un carambar ouainn !!! »  ! Un soir, n’en pouvant plus, je lui ai dit qu’il fallait qu’on trouve une solution, que je ne pouvais pas lui donner des carambars toute la journée et que je ne pouvais plus l’entendre hurler …donc je lui ai proposé de faire un contrat tous les deux, on s’est mis d’accord sur 1 carambar par jour et il a choisi de le manger après le repas. Depuis tous les soirs il prend son carambar, enlève le papier et le met à côté de son assiette « pour son dessert » comme il dit. Il continue à me demander un carambar le matin dès qu’il se lève mais je lui rappelle le contrat et il n’y a plus de crises. Bon quand même vivement la fin du paquet de carambar et après fini, je n’en rachète plus !

J’ai appris aussi à décoder, à chercher quel est le message derrière la crise. Si ton enfant te dit : « je te déteste ! » ce n’est pas vraiment ça hein ! il utilise un code pour exprimer sa colère, sa frustration ou encore sa déception. A toi de décoder ! Ne t’inquiète pas, ça s’apprend !

D’autres outils possibles

  • boite à cris

boite_à_cris boite_a_cris2 boite_a_cris3 Boîte à cris fabrication maison

Eliott, mon petit dernier, s’exprime en criant : il est content, il crie, son frère l’embête, il crie. C’est très désagréable et parfois ça donne aussi envie de crier ! Mais évidemment on le sait tous : ce n’est pas la solution ! Dernièrement je suis tombée sur une idée de fabrication La boîte à cris sur le blog « Savez-vous planter des choux », pour lui permettre d’exprimer son mécontentement de manière cadrée disons. Donc l’idée c’est de permettre à ses enfants de crier dans la boîte puis de sortir la boîte dehors et libérer les cris pour ne plus qu’ils reviennent dans la maison. Ce système fonctionne très bien chez nous. Léo un jour m’a dit « je ne sais pas pourquoi mais j’ai envie de crier », il a pris la boîte à cris, est parti dans sa chambre et a lâché un rugissement de lion ! il est revenu en disant : « ah si je sais pourquoi, c’est quand « un tel » m’embête à l’école ». Nous nous sommes surpris, papa fantadys et moi-même à utiliser la boîte à cris quand nous sentions que la colère montait et que l’on risquait de crier sur les enfants.

  • coussin de colère – Shirley Ze Pap’

A la recherche d’une solution pour que mes enfants se défoulent sans pour autant se taper dessus ou détruire des objets, je suis tombée sur les coussins de colère de la créatrice Shirley Ze Pap’. Il s’agit d’un gros coussin bien costaud cousu dans des tissus épais et rembourré pour faire office de punching ball pour enfant avec un avatar de la colère, une vraie tête d’enfant super méga énervé. Le but est d’apprendre à canaliser sa colère et sa frustration vers un objet symbolique.  Le coussin est entièrement personnalisable (prénoms, phrases….).

coussin_colère coussin_colère2

Voilà ce que je leur dis généralement : « tu as le droit d’être fâché mais tu n’as pas le droit de me taper, tu peux aller frapper dans le coussin de colère »

J’ai adoré aussi le coussin avec d’un côté la colère caractérisée par un avatar et de l’autre un personnage apaisé, les différents coussins à émotions sont sur son blog Là où le papillon se pose.

Que faire après une crise ?

 

  • Tout de suite après la crise, on peut donner à l’enfant quelque chose d’apaisant et de facile à faire : une activité calme comme des  mandalas qui permettent de se recentrer sur nous-mêmes
  • Aider l’enfant à reconnaître ses émotions et à comprendre comment il se sent avec des cartes émotions par exemple (à télécharger, imprimer et plastifier sur le blog Bougribouillons) : on peut décrire, mimer, jouer à faire deviner les émotions, commenter les cartes pour apprendre le vocabulaire des émotions, on peut également parler de ce que cela nous fait de vivre telle ou telle émotion et dans quel cas cela arrive pour voir le lien entre émotions et situations.

Quelques trucs et astuces pour prévenir une crise ou la désamorcer

 

  • Apprendre les habitudes de l’enfant et les situations qui risquent de déclencher des crises
  • Placez hors de portée les objets que l’enfant ne doit pas toucher : ne pas garder les objets précieux à portée de main, on les met de côté jusqu’à ce qu’il soit suffisamment grand pour les manipuler avec précaution
  • Dites à l’enfant ce qui va se passer pendant la journée : l’importance des routines
  • Le jeu permet de prévenir ou désamorcer une crise : 10/15 min de jeu le soir en rentrant permet de remplir le réservoir affectif de l’enfant, prendre du temps avec lui pour des activités qui lui plaisent afin de lui faire passer le message suivant : je m’intéresse à toi, à ce qui te plait,…

Voici un livre que je n’ai pas eu le temps de présenter mais que mes enfants adorent :

  • Lili colère aux Editions PourPenser à l’endroit

couvlili.indd Et si nous pouvions transformer notre colère sous forme de bulle et la laisser s’envoler ?

« Quand Lili se levait le matin, en général, tout allait bien. Elle était heureuse, tranquille. Mais, au cours de la journée, sans savoir pour qui, pour quoi, sans raison, des bulles de colère commençaient à apparaître, là juste au milieu de son ventre. Elle les sentait monter petit à petit. Fidèle à son univers, Aline appelle le monde des fées, le monde sensible à la rescousse du mal-être de Lili qui découvrira en écoutant sa bonne fée que sa colère peut se détacher et s’envoler en bulles, portées par une légère brise de soulagement. »

Voilà tout ce que j’aurais aimé vous dire…ça fait beaucoup n’est-ce pas ? je ne sais même pas si vous êtes arrivés au bout de la lecture de cet article et pourtant encore quelques surprises :

L’article de Sandrine de S Comm C c’est par ici

Et le résumé en carte mentale sur le thème des Crises de nos enfants c’est là :

image

 

 

 

 

 

 

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10 réflexions au sujet de « Ma vie de « special mother » : challenge « on air », les crises de nos enfants »

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